
C’est la fleur symbolique de Collonges. Ce n’est pas le muguet des bois qui a fait la réputation du village, mais le muguet de culture, dit muguet de Berlin ou muguet Nantais. Une variété dite "de Collonges" a même été créée par un producteur local. La différence entre ces variétés est très nette. Alors que le muguet des bois comporte une tige courte et circulaire lui donnant souplesse, le muguet de culture présente une tige plus longue et triangulaire lui donnant de la rigidité. Cette rigidité est son premier atout lui permettant d’être piqué dans la mousse des compositions florales. Le brin de qualité supérieure, long d’environ 20 à 30 cm présente alors au moins une vingtaine de clochettes blanches sur sa hampe. Le muguet des bois ne pourra jamais atteindre cette qualité florifère.
Le muguet du premier mai. La fleur symbole du bonheur.
Le muguet est originaire du Japon. Cette plante est connue et acclimatée en France depuis le Moyen Age. Le muguet a été longtemps le symbole du renouveau et du printemps. Il était donc logique qu’il devienne symbole du bonheur et donc porte-bonheur. Le 1 er mai 1561 Charles IX instaura la tradition d’offrir du muguet le 1 er mai en guise de porte-bonheur.
Ce n’est que vers 1907 puis en 1936 que le muguet est associé à la fête du travail et c’est le 1 er mai 1936 que l’on trouve les premières ventes de muguet sur la voie publique.
La culture du muguet à Collonges.
Des particuliers se sont alors lancés avec opportunisme dans la culture de cette fleur car ils avaient découvert que la situation géographique et climatologique de Collonges permettait en principe l’arrivée de ces fameux brins vers fin avril. Mais toutes les années n’étaient pas productives, car avant les années 60 les films plastiques pouvant jouer office de mini-serres pour régler la floraison de quelques clochettes n’existaient encore pas.
A cette époque, Vienne et Collonges judicieusement localisées dans la région sont alors vite devenues des références pour le muguet. Les surfaces cultivées progressaient ainsi d’année en année. Jusqu’en 1960 la culture se pratiquait presque exclusivement dans des grandes propriétés entourées de grands murs et appelées « clos ».
Les planches de culture étaient ainsi diversement exposées à l’ensoleillement ou à l’ombre des grands murs favorisant alors une arrivée quasi certaine de nombreux brins fleuris à la bonne date. Le « clos Antoinette » était alors une plaque tournante pour les fleuristes niçois qui y établissaient leur quartier général dès le 20 avril.
Les dizaines de milliers de brins, cueillis par les différents producteurs de la commune, et triés par bottes de cinquante avec leurs clochettes à peine ouvertes, étaient achetés par les fleuristes, puis soigneusement emballés et expédiés par avion depuis l’aéroport de Lyon-Bron, à l’époque.
Plus tard, les « clos » se sont vendus mais certains agriculteurs ont pris le relais durant quelques décades. Les plantations ont alors été transférées en plein champ et des moyens plus modernes furent utilisés pour maîtriser la floraison du muguet.
Actuellement, il ne reste plus qu’un seul producteur et la rue des Muguets comme souvenir.