
La construction de la voie ferrée vers 1840, dans la partie plate de la commune, et dans une zone peu exploitée, a favorisé l’implantation d’industries importantes.
C’est en 1918 que TRUX-MISTRAL vient s’implanter à Collonges, au Nord de la rue d’Island. Les premières activités concernaient les silicates, divers détergents et le sulfate de cuivre ; Le silicate était promis à un bel avenir dans la fabrication des revêtements routiers. Mais l’arrivée de bitumes dérivés du pétrole anéantira ces espoirs. Cela n’avait pas empêché cette société de créer une filiale, longtemps implantée sur la commune : la Société Chimique de la Route. L’usine de Collonges fabriqua aussi des détergents, de l’eau de Javel, des "crustaux" de carbonate de soude, et même une lessive grand public connue sous le nom de "Macoline". Puis se fureent des fusions de sociétés pour arriver en 1953 à la création de la société "LE SILICATE" Ainsi jusqu’en 1998, cette usine qui a changé de nom plusieurs fois fabriquait de la silice pour dentifrices, charges pour caoutchouc, et bien d’autres usages.
En 1930, le territoire au sud de la rue d’Island était exclusivement agricole. C’est en 1934 que fut implanté le premier dépôt pétrolier par la Société DESMARAIS. Dans les années 1939-40, il expédiait de l’essence et des huiles pour l’armée française. Mais le 18 juin 1940, le responsable du dépôt reçu l’ordre, par deux gendarmes, de vider dans la nature les hydrocarbures stockés, afin d’éviter que l’ennemi s’en empare.
En 1967, la société SHELL implanta un nouveau dépôt au sud du précédent sur des terres agricoles. Par la même occasion, le premier dépôt cessa son activité et fut revendu au DOCK des ALCOOLS, une société de conditionnement de solvants et alcools.

La zone des Sablières est donc historiquement polluée depuis le 18 juin 1940. A cette date l’Etat français, de l’époque, avait ordonné le sabordage d’un dépôt pétrolier installé sur cette zone. C’est ainsi qu’une quantité importante d’hydrocarbures a été déversée dans le sous-sol, pour éviter que ces produits sensibles puissent être utilisés par "l’ennemi" qui s’approchait de Macon.
Soixante neuf ans plus tard une quantité résiduelle est encore présente dans le sous-sol. L’acte héroïque est devenu acte de pollution.
En 1998, le Grand Lyon avait déjà, à la demande de la commune, proposé un projet de requalification de ce secteur. A cette époque les éléments concrets de la pollution étaient inconnus
En 2001, lorsque le dépôt de Shell a été mis en vente, il devenait opportun et essentiel de maîtriser cette grande surface de 2 ha. A la demande de la commune, le Grand Lyon s’est alors positionné pour l’achat du dépôt : évitant ainsi sa reprise par une autre société de stockage d’hydrocarbures qui était déjà sur les rangs. Les risques majeurs de feu et d’explosion pouvaient alors de ce fait être définitivement éliminés.
En 2002, en raison de la législation sur les Installations Classées, l’arrêt de fonctionnement définitif de Shell obligeait cette société à fournir des études sur l’état de l’environnement de son site ; Et c’est à partir de cette date que les choses ont commencé à se complexifier. En effet, des études globales de la zone effectuées par les industriels ont mis en évidence l’existence d’une lentille d’hydrocarbures positionnée à 10 mètres de profondeur sur la nappe phréatique.
En 2004 la question des responsabilités de cette pollution a commencé à se poser, car l’acheteur potentiel, le Grand Lyon ne pouvait pas assumer cette contrainte et cette responsabilité. De plus, Shell réfutait aussi de l’endosser. En effet, même si la source se trouvait localisée sur son terrain, le dépôt Shell n’avait été construit qu’en 1967 sur des terrains agricoles, bien après ces faits de guerre.
Dès 2005, des recommandations Préfectorales demandaient au maire de prendre un arrêté municipal interdisant la consommation d’eau souterraine de la nappe. Ce qui fut exécuté.
Fin 2006, Shell s’engage dans la déconstruction de la totalité de son dépôt (stockages, et poste de chargement des camions). Ce démantèlement était un signe fort. Il laisse maintenant place nette à une importante surface.(photo de l"article)
En 2007, après plusieurs jugements et recours gagnés par les industriels et la commune sur des annulations de permis de construire dans tout le secteur, une partie de la responsabilité de la pollution a été reconnue à l’Etat, par un Jugement du Tribunal Administratif.
En 2008, la situation était donc complètement bloquée, et si cela restait en l’état, on se dirigeait vers une grande friche inexploitable. Il fallait en sortir pour lancer un projet d’aménagement à vocation économique, et ne pas laisser aux générations futures une friche industrielle au sous-sol pollué.
LA ZONE INDUSTRIELLE SERA DEPOLLUEE
En avril 2009, après plusieurs réunions techniques, la situation semblait se débloquer, et la dernière réunion de conciliation, en Préfecture, entre les deux industriels concernés (SHELL et ARDEA), les services de l’Etat, le Grand Lyon, et le maire de Collonges a permis d’acter des décisions importantes.
Dans la rubrique "Reportages" vous pouvez découvrir une illustration des moments clés de cette histoire qui n’est pas encore terminée.....