Interview : la triomphante Cécile Giroud

Rasca Production Etienne Ramousse DR

Deux amies de l’équipe de la Médiathèque, Valérie Proust et Anne Diacono, ont bien voulu être nos journalistes d’un soir pour interviewer Cécile Giroud suite à son triomphe au Radiant Caluire le 14 février dernier. De nombreux collongeards étaient au rendez-vous pour la découvrir dans son dernier spectacle « Classe », en duo avec Yann Stotz. Une soirée époustouflante, qui s’est terminée par 3 standing ovations.

Valérie : J’ai ri à gorge déployée lorsque je vous ai vu sur scène à la Soirée Impro organisée par la commune de Collonges en 2016. Et j’ai découvert ce soir votre immense talent de chanteuse et musicienne… Comment une enfant de Collonges repère-t-elle cette vocation ?

Cécile : En fait, je n’ai pas repéré grand-chose… J’ai suivi des gens, des projets et mes envies. Je faisais le pitre depuis toute petite, j’imitais les speakerines, j’écoutais la musique et j’essayais inlassablement de la rejouer. Mes premiers « succès », c’était pendant les voyages en voiture. J’inventais des chansons à base de dauphins, de souris et de gens de ma classe !

Valérie : Vos parents vous ont-ils soutenue ?

Cécile : Mes parents sont des extraterrestres ! Ils ont une générosité, une intelligence et une bienveillance universelle ! Quand j’ai quitté la prépa HEC puis la FAC pour faire du piano bar, ça a dû être un choc pour eux mais ils ont eu l’extrême délicatesse de ne jamais faire peser sur moi leurs doutes. Ils m’ont, en bons parents, conseillé de continuer mes études et moi, en bonne fille, je ne l’ai pas fait 😉

Valérie : Que faites-vous aujourd’hui ?

Cécile : A Paris, nous jouons dans ce mini Olympia qu’est l’Alhambra, produits par Jean-Claude Auclair, le directeur de la salle. C’est merveilleux ! De temps en temps, nous jouons en dehors ou participons à des émissions de télés et radios et à des festivals avec Jérémy Ferrari, Eric Antoine, Virginie Hocq… Nous sommes chanceux même si la qualité de vie, la famille et mes amis de Collonges me manquent souvent.

Anne : Quelle énergie déployée par vous et Yann Stotz ! Et quelle prouesse vocale dans les imitations de Véronique Sanson et Michel Sardou. Que d’éclats de rire à en avoir mal aux joues ! Mais aussi des moments d’émotion. Votre venue au Radiant, si proche de votre famille, vous a-t-elle donné un tract supplémentaire ?

Cécile : Non pas du tout, au contraire ! Une joie et une envie de donner encore plus « à domicile ». Si nos politiques arrivaient à l’Assemblée Nationale avec le même engouement de propager du bien vivre, ce serait merveilleux non… ?

Anne : Vous jouez magnifiquement du piano, quelle est votre formation ?

Cécile : J’ai fait l’IMMAL dès 4 ans à Lyon et le Conservatoire de Lyon à 7 ans en classe à horaires aménagées.

Anne : Vous interdisez-vous de parler de certains sujets dans vos sketches ?

Cécile : Non. Avec Yann on parle de tout et on imagine tout. Après, en fonction de l’endroit, du public ou du support média, on cible. On peut rire de tout mais il faut le faire avec art et manière.

Anne : Votre langage est très imagé, quelque fois osé. Au Radiant, avez-vous eu une certaine gêne sachant que votre famille et votre maman étaient présents ? Votre mère dit : « Comme disait ma maman, certaines phrases et mots ne me gênent pas dans la bouche d’un homme, mais dans celle de ma fille… »

Cécile : Non. Je n’éprouve pas de gêne. Les gens et particulièrement ma mère et mon père sont bienveillants. Et puis la scène n’est pas la vraie vie et quand je suis sur scène, je « joue ». Alors nous osons : c’est le travail des artistes d’oser pour faire éclater des mini-bulles d’idées reçues et pour déstabiliser les positions ancrées. J’aime beaucoup ce mot : l’éclat. Les gens sont surpris et éclatent de rire. Après nous sommes parfois un tout petit peu grivois mais toujours du côté du plaisir. Nos personnages sont candides et prêts à tout pour faire un beau spectacle mais ils sont parfois gauches et maladroits dans leur classe. C’est délicieux de voir déraper deux personnages élégants et distingués, homme ou femme.

Photo RASCA Production / Etienne Ramousse