La fresque de Collonges

Collonges, porte d’entrée des Monts d’Or

Une fresque (mur peint en trompe-l’oeil) a été réalisée sur la commune, rue Saint Martin. Elle représentera Collonges, l’une des portes d’entrée des Monts d’Or. Ce projet a été mené par la Municipalité en partenariat avec le Syndicat Mixte des Monts d’Or, qui finance cette œuvre à 80%. C’est l’entreprise Haut-les-Murs qui a été retenue pour la réalisation de par la qualité de son dossier technique et artistique. 

Une autre fresque murale, de style moderne, sera réalisée juste après, à Saint Romain. Elle sera localisée sous le pont de chemin de fer.

AVANT (Mars 2017)

APRES (Mai 2017)

Une fresque en plusieurs tableaux

Entre perspectives sur les Monts d’Or, emblèmes patrimoniaux, petits détails et clins d’œil, nous vous invitons à découvrir tous les secrets de la fresque. Elle se compose de plusieurs tableaux, pour révéler les richesses naturelles, patrimoniales et culturelles des Monts d’Or et de Collonges.

Découvrez ci-dessous, un zoom et une présentation de chaque tableau.

Les descriptifs :

Le tableau 1

Ce premier tableau évoque le grand passé agricole de Collonges et notamment ses 108 ha de terres labourées et 142 ha de vignes en 1825 (soit plus de 40% du territoire) ! Le passant ou l’automobiliste tombe ici nez à nez avec un abricotier majestueux, suivis de poiriers, de cerisiers et de pommiers… typiques de Collonges ou des Monts d’Or. Citons par exemple : l’abricot le « Desfarge », obtenu par Lambert Desfarge (de Saint Cyr), et aussi le fameux « Bergeron ». Pour les cerisiers, le « Jaboulay ». Pour les poires, la « William » et la beurrée « Gaillard ». Ces variétés locales ont été créées dans les années 1850-1920 par des horticulteurs locaux avant d’être mondialement connues et reconnues.

 

 

Le passé ? Entrez à Collonges et dans les Monts d’Or car de nombreuses découvertes vous attendent aujourd’hui ! Le Syndicat Mixte des Monts d’Or mobilise tous les acteurs pour la pérennisation des activités agricoles. Maraîchages bio, activité viticole, chèvrerie, … L’agriculture des Monts d’Or, traditionnelle et respectueuse de l’environnement, est garante de la qualité et de la diversité de nos paysages. Découvrez vite les légumes, fruits, confitures, fromages et produits laitiers, vins, bières, jus de fruits et de plantes, viandes, charcuteries, œufs, farines et pains… produits des Monts d’Or !

Le tableau 2

Ce deuxième tableau pousse la porte des Monts d’Or. A l’horizon, le Mont Cindre et sa tour hertzienne très reconnaissable. Autres points de repère, peints avec délicatesse : l’église du Vieux Collonges qui se détache dans le paysage, entourée de la Maison Bonnamour et du Château du Tourvéon.

 

Les vignes, autrefois abondantes sur les flancs des Monts d’Or, sont ici reconstituées… Saviez-vous que le Gamay, raisin noir collecté dans le benot au premier plan, donne un jus blanc qui pourtant fera du vin rouge ou rosé ? Le Chardonnay lui était utilisé pour les vins blancs.  Ces cépages ont été installés suite à la destruction du vignoble par le Phylloxera au 19è siècle. Quelques vestiges de plants américains importés à cette époque (Hybride direct 7053 Seibel ou Chancellor) subsistent. Les vieux cépages francs Clinton et Noah ont aujourd’hui disparus. 

 

Une caborne permet de rappeler l’important travail du Syndicat Mixte des Monts d’Or, les communes et leurs partenaires, mené depuis plus de 20 ans, pour la restauration et la préservation des richesses du patrimoine local. Au cours des siècles passés, bergers, cultivateurs ou vignerons ont patiemment épierré les champs afin de les cultiver. Avec les pierres remontées par le soc de la charrue, ou bien extraites des nombreuses carrières, les hommes ont bâti chemins, enclos et murs de soutènement. Ces constructions ont marqué le paysage en formant un réseau de pierres sèches. Les anciens possédaient un savoir-faire qui leur permettait de « monter » les murs des cabornes et d’obtenir des toits résistants et imperméables. On s’y abritait des intempéries, on venait manger ou se reposer, soigner les bêtes, entreposer les outils. On s’y installait pour quelques nuits ou pour une saison et quelque fois pour y vivre.

 

Mais ce peintre, ne serait-ce pas Monsieur Louis Hilaire Carrand ? Ou alors un joueur de Boule Lyonnaise, sport incontournable des Monts d’Or, qui vient de déposer sa paire à côté du benot pour saisir un rayon de soleil sur les pierres dorés de la caborne ?

 

 

Le tableau 3

Mais que voit-on au sommet du Mont Thou ? L’incontournable boule du radar de l’Armée de l’Air, visible depuis le centre de Lyon et qui a fait partie du paysage pendant plus de 46 ans… Démantelé fin 2016, le radar doit être remplacé par une nouvelle version, encore plus fiable et performante. Avec celui du Mont Verdun, 15 000 avions sont contrôlés quotidiennement sur une portée de 450km à la ronde.

 

Tout le paysage des Monts d’Or s’exprime ici, dans ce troisième tableau. L’homme s’est adapté à ce cadre naturel particulier, a su l’exploiter et a façonné les paysages par son intervention. Les boisements, les carrières, les champs, les chemins… Les paysages d’aujourd’hui sont issus d’une longue histoire et ne sont pas figés. Ils sont appelés à évoluer. Un des sentiers thématiques mis en place par le Syndicat Mixte des Monts d’Or est d’ailleurs l’occasion d’aborder différents points de vue sur des paysages surprenants et de nous poser concrètement la question de la place et de l’intervention de l’homme dans la nature.

 

Ce tableau nous permet d’aborder la faune sauvage montdorienne, riche de nombreuses espèces en relation avec la diversité des habitats et des paysages du Massif. Nous sommes aux portes de la ville -et au premier plan le chat domestique nous le rappelle- mais derrière se cachent…

  • les micro-mammifères (27 espèces recensées sur le Massif) réparties entre les chiroptères, rongeurs et insectivores ;
  • les petits mammifères (14 espèces recensées sur le Massif) auxquels on ne pense pas toujours comme notamment l’hermine, le blaireau, la martre ou le renard
  • les grands mammifères avec le chevreuil et le sanglier. Observez d’ailleurs bien toute la fresque, l’un d’eux se cache peut-être par ici…

Les invertébrés, les poissons, les amphibiens et les reptiles sont bien évidemment présents et inclus dans la chaîne alimentaire du Massif des Monts d’Or et 110 espèces d’oiseaux ont également été recensées (47 sédentaires, 63 migratrices). Le Milan noir planant dans le ciel vous indique aussi le Sentier des Rapaces…

 

En revenant au premier plan, nous nous recentrons sur Collonges et son histoire. Deux enfants s’essayent à la Grande Cuisine, inspirés par notre Chef du Siècle et « Pape de la Gastronomie » Monsieur Paul Bocuse, lui-aussi enfant du pays, pour postuler un jour peut-être dans son auberge à quelques mètres d’ici, fleuron d’une gastronomie authentique. Cet atelier est mijoté sous le regard bienveillant d’une cigogne, clin d’œil à Illhaeusern notre commune jumelle et gastronome.

 

Les deux petits cuisiniers ont aussi préparé un bouquet de rêve, composé de Roses Paul Bocuse au doux parfum de melon, cerise et thé vert, créées par la Maison Guillot en 1999, et de Muguet de Collonges. Car oui, pendant plus d’un siècle, le Muguet à Collonges, c’était toute sa réputation. La terre et les conditions climatiques idéales de notre commune ont permis de développer une véritable industrie locale, faisant de Collonges la capitale du Muguet. Qui ne se souvient pas des carrés de Muguets dans les jardins qu’il ne fallait surtout pas piétiner en jouant ? Et des milliers de bouquets préparés en famille dans un parfum incroyable ?

Le Muguet Nantais et le Muguet de Berlin étaient reconnus mais saviez-vous qu’il existait aussi le Muguet de Collonges, une variété de plein air, aux qualités uniques ? Elle fut créée vers 1850 par César Paulet. Celui qui a vu un bouquet de Muguet de Collonges un jour ne pourra jamais l’oublier. Avec sa tige très rigide et ses nombreuses clochettes à la forme allongée qui ont pris le temps de pousser et fleurir, la variété est très prisée par les fleuristes. Son parfum reste inégalé, caressant et éclatant: la douceur et la fraîcheur par excellence.

 

Un autre détail mérite un arrêt. Ce chapeau, posé discrètement, en l’honneur de Jean Moulin. Il est venu plusieurs fois à Collonges entre juillet 1942 et juin 1943. Il y organisait des réunions dans la propriété des Cèdres, rue Ampère. La maison était occupée par de grands résistants, Simone et Louis Martin-Chauffier et leurs enfants. Les réunions portaient sur la nécessaire mais difficile union des grands mouvements régionaux de la Résistance. Dans une lettre postérieure à la guerre, Simone Martin-Chauffier raconte la dernière fois que Jean Moulin foule le sol de Collonges, le 14 juin 1943, une semaine avant son arrestation.

 

Suivez le cycliste qui arrive ! Nous partons en balade. Il vous emmène encore plus loin… dans les Monts d’Or et le prochain tableau.

 

L’eau a toujours été l’une des plus grandes richesses du Massif des Monts d’Or. C’est elle qui a attiré les premières peuplades ; un des 4 grands aqueducs souterrains qui alimentaient Lugdunum l’a ensuite traversé sur une longueur de 26km et avec un débit de 10 000m3 par jour. Ce coin de fresque autour de l’eau est d’ailleurs le plus vivant avec le cheval venu se désaltérer et les enfants jouant autour.

Un clin d’œil aux rosiéristes de Collonges se dégage avec, au pied du lavoir, le rosier Mallet, né d’une mutation, et non d’une création, dans les serres où était cultivée la célèbre Rose Carina. La rose mutée ayant séduit François Mallet de par sa beauté, il l’a baptisée du nom de sa fille Danielle. Il n’en existe aujourd’hui plus que quelques pieds. En souvenir de ce passé horticole, la commune a aujourd’hui planté de nombreux rosiers dans ses espaces verts pour en faire profiter tous les habitants et les artistes de la fresque ont également joué les jardiniers en plantant un magnifique rosier rouge grimpant le long du 3ème pilier.

Nous terminons la fresque par notre rivière. Vous pourrez remarquer qu’un castor de l’île Roy est venu prendre la pose pour représenter son territoire et le Chemin des Castors. Avec un pied dans les Monts d’Or et un pied dans la Saône, Monsieur Paul Bocuse surnomme notre commune « Collonges-sur-Saône ». Vous comprendrez peut-être pourquoi avec la carte postale ancienne colorisée que la fresque nous propose… Elle nous offre un voyage dans le temps, ouvrant une fenêtre sur la très célèbre plage de Collonges aujourd’hui disparue.

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