Présentation historique

 

En quelques lignes, plongez dans l’Histoire de votre commune…

 

 

Présentation Historique Collonges - Trèves Pâques

Collonges, une commune du Mont d’Or

Le peuplement du Mons aureus, le Mont d’Or, est très ancien. Dès l’époque préhistorique, des peuplades ont vécu dans ces montagnes. Des haches de pierres taillées, des pointes de flèches en silex et des poinçons en os retrouvés en témoignent. C’est la constitution géologique du massif qui explique son allure mamelonnée et le développement de son système hydrographique inséré dans des vallées très encaissées. La présence de l’Homme, depuis la plus haute antiquité, s’explique par cette abondance d’eau qui favorise la croissance de haies et taillis et permet les premiers essais agricoles. L’Homme trouve ainsi à construire sa cabane et peut se nourrir de chasse et du travail du sol. Plus tard, l’Homme défriche et l’excellente exposition des côteaux facilite la culture de la vigne. Le nom même de Mont d’Or évoque une civilisation ancienne. Dor (ou dour) serait un mot celte désignant l’eau (Adour, Dordogne).

 

A l’époque romaine, le Mont d’Or se peuple sur les piémonts mais aussi en altitude. Les noms des domaines ruraux qui apparaissent dans les premiers textes du 10ème siècle sont évocateurs : villa Floriaco, villa Albignaco, villa de Braxiaco (Brézieu), villa Brucalias (Broailles) à Chasselay, villa Cavannas (Chavannes à Poleymieux), villa de Cosone (Couzon), villa des Fossadas et villa Talenciacus au Vieux Collonges. Au sud du Mont d’Or, s’installe la cité romaine de Lugdunum en l’an 3 avant J.C.

 

Le nom de la paroisse de Collonges fait son apparition sous la forme de Colonias en 1004, de Colungiis en 1176, de Colungias en 1201, pour arriver aux altas et bassas Colungias (hautes et basses Colunges), puis à la forme de Colonge récent et actuellement Collonges. La mention « Colonge » se trouve partout sur les vieilles cartes ou vieux papiers, comme à Chasselay, Couzon, Poleymieux, Saint Didier et aussi dans de nombreux autres villages du département du Rhône. Il arrive même que l’on trouve plusieurs Colonges sur le même territoire communal.

 

Sur les terriers (anciens plans de propriété qui servaient à établir les loyers et impôts) ou les cartes anciennes, le mot de Colonge est souvent agrémenté d’un puits ou d’une fontaine. Ce nom désigne un point d’eau, gardé ensuite comme toponyme. En quelque sorte, le nom de Collonges caractérise l’eau et la symbolise ; cette eau partout présente et nécessaire.

 

Les grandes familles des Monts d’Or

La paroisse de Collonges apparaît dans un acte authentique sous forme d’une bulle du Pape Luce III. Le Pape confirmait en 1183 Guichard, Abbé de l’Ile Barbe dans la possession de « Saint Nizier sur le Mont-d’Or ». Collonges était donc sous la dépendance des moines bénédictins de l’Ile Barbe. A partir de cette date, plusieurs des grandes familles ont commencé à structurer le village.

 

La famille « de Mont-d’Or »
La famille de Mont-d’Or était très puissante et agissante. En 1200, Renaud de Mont-d’Or contribue à la fortification de Vimy (Neuville). Guy de Mont-d’Or, en 1254, fait hommage à l’Abbé de l’Ile Barbe de tout ce qu’il tenait de lui, depuis le ruisseau de Traranceu (Montgelas) jusqu’à la Saône.

 

La famille « de Collonges »
Au début du 12ème siècle, on rencontre aussi, au Mont-d’Or, une grande famille du nom de Collonges. L’un de ses membres, Guillaume de Collonges, fut Doyen de la Primatiale de Lyon (1209-1226) ; sa fortune était considérable. On trouve également Arnoulf de Collonges, Chanoine de Lyon et Marguerite de Collonges, respectivement ses neveu et nièce.

La famille « de Tourvéon »
Au tout début des années 1400, Jacquemet et François sont héritiers de leur mère Clara Martinière, veuve de Jean Torvéon (ou Tourvéon), riches marchands épiciers demeurant rue Mercière. Leurs descendants fourniront des Conseillers du Roi, des Lieutenants civils et militaires en la sénéchaussée et siège Présidial de Lyon. L’un d’eux, Jacques ou son père, est à l’origine de l’acquisition du ténement de Moyrand et des premières constructions. Celles-ci au cours des siècles furent agrandies, modifiées, transformées, puis démolies et reconstruites pour devenir le château actuel. Néry de Tourvéon, qui épousa en 1551Catherine de Chaponnay, eut neuf enfants dont un fils Néry qui deviendra curé de Collonges en 1579, puis Obéancier de Saint Just en 1591. Il fut inhumé aux Célestins en 1600. La famille de Tourvéon s’éteindra suite au décès d’Alexis Maximilien de Tourvéon en 1671 qui avait épousé en 1654 Marguerite Borghèse.

 

La famille « de Chavannes »
Vers 1450, Marie de Mont-d’Or, à qui appartenait un château à Collonges, se marie avec un Comte de Chavannes venant du Dauphiné. On voit encore, au hameau de Chavannes, près de la ruette aux Loups, les restes d’un pont-levis sur la façade de cette ancienne maison forte bâtie sur le territoire d’Epelluis.

 

 Le village glisse vers la Saône

Ancien Pont de Collonges

Vers 1200, le village se situait exclusivement dans le haut (Vieux Collonges actuel) : une église entourée de son cimetière et des maisons groupées autour, puis quelques terres, mais surtout de la vigne qui s’étalait sur le côteau, jusqu’au lieu que nous appelons le Bourg. A cette époque, il existait une seule maison forte à Chavannes et, dans le bas des Varennes, des bois, des taillis, des broussailles, des osiers, des brotteaux. La Saône, dit-on, s’avançait jusque vers notre rue Georges Clémenceau. Dans cette plaine, lièvres, lapins, poules d’eau y trouvaient un gîte.

Au 17ème siècle, la paroisse s’étend jusqu’au Vernay (Caluire actuellement). La Saône a déposé ses alluvions et, avec l’aide des hommes, les marécages sont comblés. Les taillis et les broussailles disparaissent et les cultures les ont remplacées : ce sont les Sablières. Ce terrain sablonneux sera une source de revenus. Le sable sera employé par les entrepreneurs de maçonnerie. Puis, avec l’apport de terres, les cultures maraîchères se développeront.

Au 18ème siècle, des maisons sont construites au centre-Bourg, à Trèves Pâques et encore plus bas. La population commence à descendre ; elle semble délaisser le haut du village. Ce sont des laboureurs, quelques tisserands, des tonneliers, des vinaigriers et toujours beaucoup de vignerons. On cultive aussi le chanvre ; on plante des cerisiers, poiriers et abricotiers.

 

Au 19ème siècle, la commune s’affirme. Les riches lyonnais viennent à Collonges implanter leurs maisons bourgeoises dans de grands parcs arborés. Les propriétaires agriculteurs cultivent toujours la vigne. Mais le phylloxéra commencera à la fin de ce siècle à faire des ravages. On tentera bien de substituer des plants américains plus résistants. Mais ils ne donneront pas un vin aussi bon. Alors la vigne disparaîtra petit à petit.

Mais c’est la construction de la ligne de chemin de fer PLM « Paris Lyon Marseille » qui déstabilisera la commune à partir de 1850. Elle la coupera définitivement en deux parties, Ouest et Est. Cela entraînera aussi la descente de la centralité vers un bourg qui se bâtit. Une nouvelle église sera construite vers 1845, après de nombreuses péripéties. Puis ce sera au tour de la mairie, de la salle des fêtes, des écoles publiques et privées. Un centre administratif, culturel et cultuel naissait ; Collonges se projetait dans le 20ème siècle.

 

 Photographies Archives de Collonges au Mont d’Or – Droits réservés Defarge, Juquel, Mallet.